Atelier d'écriture

Une première à Sotteville, un atelier d'écriture avec Hélène Canu sur le thème de la mer a eu lieu le 15 novembre. 6 participantes.

Comment notre atelier s'est-il déroulé ?

 

 

 

A – Nous avons fait connaissance : la ronde des prénoms, dans un sens et puis dans l'autre...

 

B – Les mots et les sens… faire émerger des mots, des groupes de mots ou des expresions ayant un lien avec la mer pour chacun des cinq sens

Vue

Ouïe

Toucher

Goût

Odorat

 

 

 

 

 

Chacun en écrit deux sur deux feuilles pour chacun des 5 sens ; on accroche les feuilles au mur pour garder les mots sous les yeux.

 

C – Chacun recherche un souvenir ayant trait à la mer  et se représente mentalement ce moment 

Chercher le « sens » qui correspond le plus à ce souvenir.

 

D – Ecriture de l’introduction

-         Elle commencera obligatoirement par « Je me souviens… » (étiquette à découper et à coller)

-         Elle devra être écrite en utilisant le sens choisi

-         En l’écrivant, des mots associés à ce sens et accrochés au mur devront apparaître

 

E – 1er paragraphe du texte

Continuer le texte en choisissant un ou plusieurs mots dans la série lexicale sur le thème de la mer (voir pages 2 à 25) correspondant aux initiales de son prénom et de son nom.

 

F – 2ème paragraphe du texte

Choisir le titre d‘un livre parmi ceux exposés dans la bibliothèque et ayant trait à la mer.
Continuer l’écriture en introduisant ce titre.

 

G – 3ème paragraphe

A ce moment, chacun recevra secrètement un « juron » du Capitaine Haddock (voir en pages 26 à 28)). Celui-ci devra s’intégrer au texte de ce paragraphe.

 

H – Conclusion

Pour conclure, placer de nouveau l’étiquette « Je me souviens… »

Ecriture libre.


 

LES RESULTATS DE CETTE SOIREE

Texte 1

 

JE ME SOUVIENS ….

De cette odeur caractéristique du bord de mer en descendant les marches pour y arriver, cette odeur de liberté, façonnée par le varech, les embruns et  les algues.  Cette odeur unique qui à chaque fois me transporte et  aide à m’évader, loin du monde bruyant, étouffant, écrasant. Cette odeur d’évasion, la seule pour moi : l’iode.

 

JE ME SOUVIENS….

Qu’arrivée au pied des falaises de craies, des vagues déferlaient de plus en plus fortes. Une tempête s’annonçait. Au loin, un bateau tirait des bords. Je craignais qu’à chaque instant il démâte et chavire. A cet instant, une plume à la mer voltigea pour se glisser entre les galets.

 

JE ME SOUVIENS….

Que mon regard s’est à nouveau porté sur le voilier en difficulté que je n’apercevais que de temps en temps entre le creux des vagues. Mais bon sang que font les gardes-côtes à la mie de pain ? ne pensent-ils pas à intervenir ? Je ne pouvais rien faire  d’autre que de regarder et attendre.

JE ME SOUVIENS…

Qu’à part le bruit des vagues se fracassant sur les galets et la digue, je n’entendais rien. Tout à coup, j’aperçus le bateau orange des secours qui, bravant la tempête, se dirigeait vers le voilier. C’est avec difficulté mais aussi avec réussite que je pus constater que  l’équipage avait été récupéré sains et sauf. Je ressentis à nouveau l’odeur de l’iode que j’avais un bon moment oubliée.

Texte 2

JE ME SOUVIENS….

 

D’une promenade en mer méditerranée, sur un petit bateau à voiles, le bruit des vagues déferlantes sur la coque du voilier, le roulement des vagues au loin, le vacarme assourdissant du vent dans les mâts du bateau, des vagues, des vagues pleines d’écume. Pas de corne de brume car malgré de gros nuages le soleil était encore là. Lorsque que j’entendrai  le roulement des galets je me sentirai rassurée.

 

JE ME SOUVIENS ….

Notre bateau filait à dix nœuds marins dans le flux d’une mer démontée, la nébulosité du ciel s’accentuait, nous sentions fraichir le vent, nous étions maintenant en navigation hauturière. Mon angoisse augmentait, n’étions nous pas partis vers la fosse océanique ou bien le nord  magnétique. Le feu d’un phare m’a rassurée.

 

JE ME SOUVIENS….

 

Au bout de quelques heures de navigation qui m’ont paru une éternité, une accalmie arriva, la mer retrouva sa couleur bleue et le bruit des vagues, un bruit qui me semblait plus familier et qui me fit penser à la course de si jolis chevaux que je vois dans mes montagnes. Le temps était redevenu calme, la traversée devint presqu’agréable, mon esprit débarrassé du sentiment de peur à pu vagabonder en regardant la cime des vagues et j’ai repensé alors a tous les gens qui étaient et sont sur la mer, les vikings, les pirates, les flibustiers, les pêcheurs d’Islande et d’ailleurs et je n’ai pu qu’admirer leur courage

 

JE ME SOUVIENS….

Notre voyage tirant à sa fin, la plage étant toute proche, j’entendais enfin le roulement des galets. Ce voyage fut plein d’odeurs, de bruits et de couleurs, mais j’ai su ce jour là que je ne remonterai  jamais sur un voilier.

Texte 3

JE ME SOUVIENS… D’un orage à l’horizon, du sable fin sous mes doigts de pieds, de l’odeur iodée et des algues. J’ai ramassé des coquillages, malgré le vacarme des mouettes. Un bateau bleu filait a loin, les vagues, le roulement des galets et le ressac m’ont bercé et je me suis endormie sur la plage désertée. JE ME SOUVIENS… A mon réveil, la marée était haute et au loin un voilier était en train de mouiller l’ancre dans l’anse toute proche et un moussaillon accrochait un cordage par un nœud marin à la main courante. JE ME SOUVIENS…. Bercée par vent, je me suis rendormie et emportée dans mes rêves j’ai basculé à l’époque des pirates et des flibustiers et être une femme pirate ; prendre d’assaut ce voilier, piller ses coffres et rançonner ses passagers. JE ME SOUVIENS… J’ai abordé l’ile aux trésors cachée au milieu de l’océan et me suis retrouvée nez à nez avec le capitaine Haddock qui jurait « vingt mille sabords » devant des coffres pleins d’or et de bijoux Hélas, j’ai été tirée de mon rêve par la corne de brume d’un bateau, adieu trésors, bijoux, pirates des caraïbes, je suis retournée à la réalité sur la plage désertée

Texte 4

JE ME SOUVIENS …. Du sable fin entre mes doigts de pied, du sable, du sable, puis l’eau glacée, les vagues, qui venaient éclabousser nos jambes, nous gelaient. Le sel de la mer qui me picotait le bout des doigts. JE ME SOUVIENS … Du vent violent de suroit qui soufflait. Les lames étaient de plus en plus fortes. Un navire au long cours en difficulté au large avait donné l’alerte à la SNSM. JE ME SOUVIENS…. Qu’attendre un matelot un matelot sur son bateau me paraissait une éternité JE ME SOUVIENS… De ce matelot avec sa barbe, sa casquette de vieux loup de mer qui accostait sur la plage, parti au large pat tous les temps et qui criait à qui voulait l’entendre « allez moussaillon, au travail, mille milliard de mille sabords ! » JE ME SOUVIENS…. Et me souviendrait très longtemps de ces moments passés sur cette plage à attendre la marée, à ces instants iodés et parfumés.

Texte 5

Je me souviens

Le fracas des vagues sur la coque, le tumulte assourdissant de la tempête qui faisait claquer les voiles. Des déferlantes projetaient notre navire en tous sens. Au loin, la corne de brume rappelait que la terre était tout près. Le roulement des galets, le ressac des vagues faisaient écho à la colère de la mer. Nous étions prêts à passer le Cap Horn. Les haubans craquaient dans un bruit sec. L’homme sur le grand hune hurlait et ses cris se perdaient dans le vent. La coque du navire frémissait sous les coups répétés des vagues. Des marins aux cirés ruisselants se mettaient à l’abri dans le carré, attendant l’accalmie la peur au ventre et le souffle court. La nuit nous enveloppait, des paquets de mer se jetaient sur le pont… C’est alors que le chant des baleines nous accueillit. Le Cap Horn était passé ! Notre navire était maintenant au repos, blessé et fatigué. Chacun s’affairait pour le remettre en état avant de reprendre la route. Un moussaillon sortit alors notre perroquet sur le pont et comme à son habitude, il caqueta « Amiral de bateau-lavoir ! ». Aucun de nous ne savait où il avait appris ce juron et à qui il s’adressait exactement mais chacun se sentit rassuré. La vie reprenait son cours.

Je me souviens… C’est là que mon grand-père Georges arrêtait son récit. Et moi, petite fille, je lui disais : « Raconte encore ! »